Président de la Commission d’arbitrage de la FIFA, Pierluigi Collina est revenu sur plusieurs décisions controversées de la Coupe du monde 2026, notamment le but refusé à Josko Gvardiol lors du huitième de finale entre le Portugal et la Croatie.
Alors que la Croatie pensait avoir égalisé dans le temps additionnel après la victoire portugaise (2-1), le but du défenseur croate avait finalement été annulé après intervention de la VAR. Grâce aux données de la puce intégrée au ballon, les arbitres avaient estimé qu’un contact préalable avec Igor Matanovic avait placé ce dernier en position de hors-jeu.
Dans un entretien accordé à la Gazzetta dello Sport, Collina a confirmé que la décision était correcte malgré les critiques. «Le graphique est sans équivoque. On observe un pic au contact de la tête de l’attaquant croate, suivi d’une ligne droite, puis un autre pic au contact du dos du défenseur portugais. Le système ne détectant pas le contact avec les cheveux, ce pic est donc dû au contact avec la tête.», a-t-il déclaré.
Le responsable de l’arbitrage mondial a également rejeté les critiques affirmant que la technologie réduisait l’émotion du football. Pour lui, la VAR permet surtout d’éviter les erreurs historiques. «Il y a quelques secondes d’attente avant que le hors-jeu ne soit confirmé, mais le joueur célèbre son but. Si le but est validé, il y a une seconde célébration, et s’il est refusé, c’est l’équipe adverse qui célèbre. Je trouve beaucoup plus juste que l’émotion soit fondée sur une décision correcte, plutôt que sur un épisode qui sera sans doute discuté pendant des semaines, voire des décennies», a-t-il souligné.
Collina a notamment rappelé la célèbre polémique du but anglais lors de la finale de la Coupe du monde 1966. «Même aujourd’hui, 60 ans plus tard, nous continuons de nous demander si, dans le but anglais lors de la finale de 1966, le ballon avait réellement franchi la ligne…», a-t-il poursuivi. Selon lui, l’arrivée des nouvelles technologies était devenue indispensable pour aider les arbitres. «La technologie a été introduite pour résoudre une situation paradoxale. Dans le stade, environ 80 000 spectateurs pouvaient voir en temps réel ce qui se passait sur le terrain, et la seule personne qui ne le pouvait pas était celle qui devait prendre les décisions… Il y avait deux options : soit créer une communauté Amish à l’intérieur du stade, où la technologie était interdite, soit donner cette même possibilité à l’arbitre», a-t-il expliqué.
Collina explique son choix pour la finale Espagne-Argentine
Pierluigi Collina a également expliqué pourquoi il avait choisi le Slovène Slavko Vincic pour arbitrer la finale de la Coupe du monde 2026 entre l’Espagne et l’Argentine. «Il a réalisé un très beau parcours. Je suis content pour lui et aussi pour les autres joueurs présents ; le choix n’a pas été facile. À chaque fois que je vois ça, j’en ai la chair de poule.», a-t-il ajouté. L’ancien arbitre italien a salué le parcours et les sacrifices réalisés par les officiels avant d’évoquer l’émotion de Vincic lors de l’annonce de sa nomination. «Je m’attendais à l’émotion de Vincic, et c’est exactement ce que j’ai ressenti. Je sais ce que ces garçons et ces filles ont fait pendant des années, en sacrifiant tant de choses, y compris leurs familles.», a-t-il conclu.


